Apprendre à demeurer
Je suis là, ancré dans la terre froide,
sous une lampe jaune qui veille,
comme une main posée,
sur ce que personne ne regarde.
Je ne me cache pas.
Je laisse paraître
ce que le temps a sculpté.
J’ai vu passer des saisons,
des vies pleines, d’autres cassées,
des voix qui se sont tues.
Je demeure.
Sans courage, sans mérite.
Parfois,
c’est la seule fidélité possible.
Je tiens.
Pas en résistant,
juste en acceptant,
ce qui vient, ce qui est là.
Trois oiseaux ont niché en moi
avant de prendre leur ciel.
Là se joue, sans bruit,
ma plus vraie transmission.
Si la lumière me trouve debout,
c’est peut-être que j’ai tenu —
fragile, réparé,
humain.
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