Ça va ?
Une question qu'on pose sans ralentir. Une réponse qu'on entend sans écouter. Et quelque chose qu'on rate, doucement.
Cette chronique n’a pas de grand sujet.
Elle part de petites choses — un couloir, une fatigue, un silence, un mot qu’on n’a pas dit.
Elle essaie de revenir vers ce qu’on laisse parfois passer, parce qu’on va trop vite.
Pas de leçon. Pas de réponse toute faite.
Juste une voix calme, une fois par semaine, pour essayer de tenir debout ensemble.
Bienvenue.
Tenir debout
On s’est croisés dans le couloir. Il avait l’air fatigué. J’ai demandé « ça va ? » sans vraiment ralentir. Il a répondu « oui oui ». J’ai continué mon chemin.
C’est tout.
Ce n’était pas de l’indifférence. C’était autre chose, plus difficile à nommer.
Une présence. On était là — mais déjà ailleurs. Pris dans le rythme du jour, du couloir, de tout ce qu’il reste à faire.
On a appris à demander des nouvelles. On n’a pas toujours appris à s’arrêter pour les entendre.
Combien de fois ai-je dit « je suis là » — et je l’étais, vraiment — sans être tout à fait disponible, sans être tout à fait ouvert à ce qui aurait pu venir ?
Ce n’est pas une faute. C’est une fatigue.
Celle de journées où l’on répond vite, sans toujours prendre le temps d’écouter.
Pendant ce temps, certains continuent de sourire aux bons moments. De venir au travail. De répondre aux messages.
Rien qui alarme.
On ne les voit pas. On les croise.
Peut-être que tenir debout, parfois, ce n’est pas grand-chose. C’est ralentir dans un couloir.
Poser son téléphone une seconde.
Regarder, quand on demande comment ça va.
Juste ça, vraiment.
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